• 1. Je suis enceinte, je fais quoi ?

    Les tests de grossesse permettent d'avoir très tôt la certitude d'une grossesse.
    Lorsque le projet d'enfant est présent depuis un moment, il est alors temps et urgent de se réjouir !

    Souvent une multitude de « petits » signes (seins gonflés, envie d'uriner fréquente, salivation augmentée, somnolence) viennent prouver que la gestation est vraiment commencée.

    La déclaration de grossesse est un document administratif établi par une sage-femme, un médecin traitant ou un gynécologue. Ce document, qui contient une date THEORIQUE d'accouchement, déclenche une cascade administrative. Grâce à la date théorique inscrite sur la déclaration, vous connaitrez la date de votre congé maternité (si vous êtes salariée) et le calendrier de versement des prestations auxquelles vous avez droit. Vous recevrez aussi un « protocole de suivi médical » et vous pourrez prendre contact avec une crèche si vous envisagez de confier votre nourrisson.

    Pour établir cette déclaration, beaucoup de praticiens exigent une échographie précoce (les battements du cœur foetal apparaissent bien visibles à l'échographie dès 8-9 semaines d'absence de règles) C'est un acte qui n'est pas nécessaire et qui n'est pas pris totalement en charge par l'assurance maladie. La première échographie utile doit être faite à 12 semaines après les dernières règles, elle est remboursée à 70% par l'assurance maladie.

    Etre enceinte est un passage de vie physiologique pour la plupart des femmes. C'est une occasion unique pour être à l'écoute de son corps. En évitant les examens inutiles, on apprend dès le début à s'écouter.

  • 2. Et voilà, j'ai fait la déclaration de grossesse ! Que va t-il se passer maintenant ?

    Votre bébé va tranquillement grandir et se préparer pour voir le jour dans quelques mois.

    De votre côté, votre vie va tranquillement se trouver bouleversée : il va falloir caler un bon paquet de rendez-vous médicaux et « préparatoires » dans votre planning.

    Il est temps de vous décider pour CHOISIR le praticien médical qui va vous accompagner au fil des mois et de l'évolution de votre grossesse.
    Une visite médicale mensuelle est prise en charge à 100% dans le cadre de votre grossesse dès la fin du troisième mois de gestation. Vous pouvez vous confier à une sage-femme, à votre médecin de famille ou à un obstétricien.
     
    Il est temps de CHOISIR votre lieu d'accouchement. Si vous souhaitez rester à votre domicile, il faut quand même prévoir une structure de repli, les sages-femmes qui exercent à domicile l'exigent et il est indispensable que vous fassiez connaissance avec les équipes susceptibles de vous accueillir en cas de besoin.
    Renseignez vous au sujet des dépassements d'honoraires et de tous les frais. Certains sont pris en charge par votre mutuelle d'autres non.

    Il faut planifier les rendez-vous d'échographie :
    Première échographie recommandée vers 12 semaines après les dernières règles. C'est un examen émouvant pour les parents qui visualisent leur futur enfant pour la première fois, mais c'est surtout un examen médical très sérieux qui cherche les malformations majeurs. C'est donc un examen à la fois stressant et réjouissant qu'il faut attendre comme tel.
    La deuxième échographie est recommandée entre 20 et 22 semaines après les dernières règles. Si une seule échographie devait être faite, c'est celle-ci. On l'appelle souvent « échographie morphologique » car elle va permettre d'observer le futur bébé dans les moindres détails et de s'assurer de sa vitalité.
    La troisième échographie (la seule remboursée à 100% par la sécu) est recommandée entre 32 et 34 semaines après les dernières règles.

    Il faut aussi penser à poser dans le planning des « séances de préparation à la naissance et à la parentalité ». Vous pouvez vous adresser à votre sage-femme libérale, à une sage-femme en contrat avec la structure d'accouchement que vous avez choisie, et vous pouvez aussi vous contenter des cours collectifs organisés dans les maternités.
    Il existe, en plus, un bon nombre de praticiens qui proposent des « préparations », c'est à vous de définir vos besoin, et vos envies à ce sujet. Des associations proposent des groupes de parole, des soirées à thème, des rencontres entre parents qui sont autant de temps forts, enrichissant pour se préparer à la mise au monde du bébé.

  • 3. Quelle est la meilleure préparation à la naissance ?

    C'est sans aucun doute celle qui vous fait plaisir !

    Vous devez garder à l'esprit que chaque naissance est unique et que vous devez vous préparer à découvrir l'inconnu. Personne ne possède le pouvoir de lire l'avenir et donc personne n'a la capacité de vous dire comment se passera votre accouchement dans la réalité.

    Alors, à quoi sert la préparation ?

    C'est en premier une source d'information et en fonction de la personne à laquelle vous vous adressez, vous obtiendrez des informations qui peuvent parfois paraître divergentes. Ajoutez à cela les recherches faites sur internet et alors, il devient nécessaire d'avoir sous la main une personne de confiance qui vous aidera à trouver « votre chemin à vous » au milieu de tous les sons de cloche.

    C'est aussi une occasion idéale pour faire connaissance avec votre corps féminin. Anatomiquement pour commencer mais surtout émotionnellement, au niveau des sens. De fait vous pouvez ressentir le besoin de rencontrer des spécialistes de l'harmonisation du corps : ostéopathes, haptonomes, naturopathes, et pourquoi pas diététicienne, esthéticienne, coiffeuse, etc...

    C'est enfin une invitation à vous projeter dans l'avenir, définir vos désirs pour le jour de la naissance, établir vos réels besoins, imaginer vos attentes, vos angoisses, vos joies. A cet égard, rencontrer des parents qui ont déjà traversé l'expérience s'avère souvent bienfaisant.

  • 4. Quel est la place du père ?

    C'est la personne qui porte le bébé qui décide de la place qu'elle donne aux personnes qui lui sont proches.

    Généralement, il est commun de dire qu'un enfant se prévoit et se fait à deux et généralement « deux » signifie un papa et une maman. Pourtant, dans la société d'aujourd'hui ce n'est pas si simple.

    La question serait donc celle de l'accompagnant ?

    Le sujet de « la place » accordée par la femme à son accompagnant de naissance sera discuté avec la personne de confiance qui accompagne la « préparation à la naissance et à la parentalité ». Elle seule pourra prendre en compte vos désirs et besoins spécifiques,  et vous aider à les adapter en fonction du lieu d'accouchement choisi.

    Quant à la place accordée à l'accompagnant de naissance dans les Maternités, elle varie. En général, une personne peut entrer à coté de la maman et une seule. Parfois une deuxième est acceptée, c'est parfois une « doula » en contrat avec les parents.
    L'entrée au bloc chirurgical en cas de césarienne programmée est limité à une seule personne, quand elle n'est pas interdite.
    L'entrée au bloc chirurgical en cas de césarienne en urgence est à discuter avec l'équipe de garde, de plus en plus de structures refusent l'entrée d'une personne étrangère au service.

  • 5. J'ai choisi une Maternité qui me convient bien, qui vais-je y rencontrer le jour J ?

    La « Maternité » est un service spécifique dans l'univers médical. En effet dans ce service, il va s'agir de prendre soin de deux personnes (la mère et son enfant) dans un contexte qui est généralement non-pathologique.
    Le personnel médical d'une Maternité est donc double : il y a le personnel qui va s'occuper de la maman et le personnel qui va s'occuper de l'enfant. A ce personnel médical s'ajoute le personnel administratif et le personnel d'hôtellerie. Ca fait beaucoup de monde. Chacun doit arborer une étiquette notifiant sa fonction et surtout, chacun devrait se présenter et expliquer ce qu’il vient faire dans votre environnement.
    Il est important de savoir à qui l'on s'adresse afin de poser les bonnes questions aux bonnes personnes, n'hésitez pas à solliciter les personnes que vous croisez afin qu'elles déclinent leur identité et leur fonction.

    Par ordre d'entrée en scène, après avoir passé les formalités d'accueil administratif, vous serez accueillie par une aide-soignante, piquée par une infirmière, accompagnée par une sage-femme, soulagée par un anesthésiste. Si vous avez choisi une structure où c'est un obstétricien qui « vous accouche », il arrivera généralement en dernière minute pour repartir une fois la délivrance faite. Dans les CHU et certaines cliniques, les sages-femmes sont les seules spécialistes de l'accouchement que vous rencontrerez car elles sont parfaitement compétentes quand tout se passe normalement, ce qui est généralement le cas.
    Une fois que le bébé est né, il est pris en charge par une auxiliaire de puériculture et examiné par un pédiatre (la sage-femme possédant toutes les compétences pour examiner un nouveau-né, cette tâche lui incombe souvent dans les CHU)
    Dans votre chambre, vous verrez défiler les personnes qui s'occupent du ménage, les personnes qui apportent les repas, les personnes qui font les soins au bébé, les personnes qui surveillent vos suites de couches, parfois une diététicienne qui vous propose de choisir votre menu, parfois l'officier d'état civil qui valide la déclaration de votre enfant, parfois un kinésithérapeute pour vous enseigner les « bons gestes », un photographe qui immortalise l'événement, etc, etc...
    Toutes ces personnes sont à votre disposition dans le cadre de leur compétences.
    Chacune de ces personnes possède des compétences définies et limitées.
    Soyez attentive et adressez vous à « la bonne personne » pour être certaine d'être bien servie.

    Pensez aussi qu'un service de Maternité est soumis à l'imprévisible, qu'il est parfois très calme et parfois horriblement débordé. Les femmes viennent accoucher sans prévenir... Ainsi d'un jour à l'autre l'ambiance peut vous paraître très différente, c'est normal.
    C'est la raison pour laquelle certaines personnes choisissent de rester chez elle et de faire venir une sage-femme à domicile. L'environnement est plus intime et plus prévisible.

  • 6. Quand partir à la Maternité ?

    En règle générale, en dehors de tout problème détecté pendant la grossesse, partez quand vous sentez que c'est le « bon » moment !
    Pensez à téléphoner à votre Maternité pour en parler avec l'équipe de garde. En fonction de ce que vous expliquerez, il y aura toujours une personne pour vous conseiller.

    Et le « bon » moment  c'est quand ?
    Retenez que l'impatience est souvent mauvaise conseillère. Quand les premiers signes d'un débarquement imminent de bébé apparaissent, vous serez à la fois joyeuse et peureuse. Commencez par vivre intensément vos derniers instants de fusion avec votre bébé.

    Laissez les contractions s'installer. Lorsqu'elle deviennent régulières en intensité, c'est à dire quand elles sont toutes aussi fortes les unes que les autres, vous pouvez commencer à évaluer le temps qui les séparent. Ce qui compte c'est le temps écoulé entre une contraction forte et la contraction forte suivante.

    Il faut distinguer le cas d'un premier accouchement du cas des suivants. Le temps de latence, c'est à dire le temps de préparation où l'utérus se met au boulot, peut être très long pour un premier enfant, parfois de l'ordre de 24h à 48h. C'est la raison pour laquelle il est important de ne considérer que les contraction fortes, celles qui font pointer le ventre, celles qui coupent un peu la respiration, celles qui empêchent de parler normalement.
    Suivant votre émotion, voire votre angoisse, il est possible que vous n'ayez aucune patience et que vous souhaitiez aller à la Maternité au plus vite. Dans ce cas, sachez qu'il n'est pas rare d'être invitée par la sage-femme à retourner chez vous. Soyez tranquille, c'est un bon conseil qu'elle ne donne que lorsque tout va très bien (elle aura pris soin de vérifier et de vous rassurer), c'est pour assurer votre confort. Faites lui confiance.

    Il y a des cas où il FAUT aller à la Maternité sans tarder et quel que soit le terme:

    • En urgence, si vous saignez abondamment (si c'est seulement une ou deux gouttes prenez conseil au téléphone, il y a probablement une « bonne raison » normale)
    • En urgence, si vous entendez de manière continue des drôles de bourdonnements dans les oreilles et si vous avez des étoiles qui gênent votre vision en dehors de tout éblouissement.
    • Sans tarder si vous avez une forte fièvre
    • Sans trop tarder si du liquide s'écoule en continu de votre vagin (perte des eaux)
  • 7. Si je vais à la Maternité pour accoucher, est-ce que j'aurai la liberté de bouger ?

    En général, dès que vous entrez à la Maternité, la sage-femme fait un enregistrement par « monitoring » de vos contractions et du rythme cardiaque de votre enfant. C'est un moment où il est difficile de bouger sans faire bouger les capteurs.
    Ensuite, tout va dépendre de l'avancée du travail d'accouchement et de votre attitude face à la douleur. Dès que vous sollicitez une aide médicale pour vous soulager, vous entrez dans un engrenage, vous êtes soumise au savoir des praticiens et vous perdez une part de votre liberté.

    Si vous êtes sereine, si vous avez choisi de vous faire accompagner par une personne qui vous connait bien (une sage-femme, une doula, une personne de confiance) vous pourrez plus facilement rester indépendante et libre de vos mouvements.
    Les sages-femmes sont de mieux en mieux formées pour encourager les femmes à bouger et même à proposer des positions d'accouchement alternatives. Les obstétriciens sont beaucoup plus réfractaires à tout ce qui leur semble « fantaisie ». Votre choix de Maternité peut donc s'avérer déterminant le jour J.

  • 8. Si je choisis d'accoucher sous péridurale, je voudrais savoir comment ça fonctionne.

    Certaines Maternités proposent une réunion où les anesthésistes expliquent le procédé d'analgésie péridurale.
    Si ce n'est pas le cas dans celle que vous avez choisie, la consultation d'anesthésie qu'on vous propose en fin de grossesse est prévue pour ça : vous informer, vous expliquer les avantages et les risques de chaque méthode d'analgésie. Affirmez votre présence face à ce médecin spécialisé et posez lui les questions qui vous semblent importantes.
    Seuls les médecins d'un service peuvent vous expliquer le protocole du service en matière d'analgésie péridurale.

  • 9. J'aimerais essayer d'accoucher sans péridurale, quels conseils donneriez vous ?

    En règle générale, il faut une bonne dose de détermination pour réussir à donner naissance sans péridurale, particulièrement quand il s'agit du premier enfant.
    C'est donc tout au long de la grossesse que cette détermination devra être cultivée afin d'être au top le jour J.
    A cet effet, la présence d'un(e) accompagnant(e) serein(e) et tranquille est primordiale.
    C'est en discutant avec votre sage-femme et/ou avec une personne de confiance expérimentée que vous allez élargir la confiance en votre capacité à mettre un enfant au monde et réussir à apprivoiser les sensations gigantesques que vous ressentirez lors de la descente du bébé.

    Chaque personne doit pouvoir recevoir des conseils personnalisés, il n'existe pas de recette valable pour tout le monde.

  • 10. En cas de transfert, serai-je séparée de mon bébé ?

    En région Pays de Loire, il existe une réseau qui regroupe toutes les Maternités. Lorsqu'une pathologie est détectée en cours de grossesse, tout est fait pour assurer la continuité du suivi.

    Il faut distinguer la raison et la date du transfert. Il existe autant de cas que de pathologies.

    En cas de menace d'accouchement imminent et très prématuré, les établissements favorisent « le transfert in-utéro » donc ils transfèrent dans un centre bien équipé la mère encore enceinte.
    Le nouveau-né sera pris en charge dans un service spécialisé à proximité du service de maternité.

    En cas de soucis graves pour le bébé, à la naissance ou dans les heures qui suivent, il est parfois nécessaire de le transférer dans une unité spécialisée. La mère reste alors hospitalisée en suite de couches à distance de son enfant. Une personne de confiance peut parfois suivre l'enfant et rassurer la maman. Dès le lendemain de la naissance, il est possible de demander l'organisation d'une sortie précoce pour aller voir l'enfant en souffrance. Si la sortie précoce est contre-indiquée pour la maman, la Maternité peut organiser le transport pour permettre la rencontre de la femme avec son enfant.

    En cas de soucis de santé maternel, il peut être nécessaire de transférer la maman loin de son enfant, le temps de gérer la pathologie. Le nouveau-né reste donc sous la garde des puéricultrices du service où il est né et il rejoint sa mère dès que son état le permet.

    Chaque histoire est gérée au cas par cas. Il faut aussi prendre en compte les « places » disponibles dans chaque établissement à un un instant T. Il est vraiment impossible d'assurer quoi que ce soit.